Les saules & la vie (20/9/03)

Trois saules, au milieu du matin sauvage, dans le soleil, majestueux. Malgré la route, les usines, le bruit d’un marteau-piqueur, les innombrables voitures, la rivalité des avions, malgré tout, au milieu de chemins légèrement plus étroits, légèrement plus en retrait, trois saules, dans une majesté à peine croyable, ici, dans la lueur d’un soleil matinal pur, au milieu des cris d’oiseaux et du crissement des pneus de voitures sur le gravier. Si malgré tout cela, trois saules devant des murs de maisons, à une demie-heure du centre-ville, soutiennent avec une telle impassibilité l’éclat, la puissance de la vie, si malgré tout cela leur flamme peut encore me fasciner et me dévorer, homme du XXIe siècle, alors l’homme blanc, et ses versions colorées, l’homme blanc passera avant que ne passe la vie.

Saule pleureur
© Le Saule pleureur (n°375), Elke Thiébaut (2014)

Mépriser les sollicitations méprisables des gens de mon espèce, proches ou non, la dette infinie, mépriser leurs demandes, leurs pressions, leurs contraintes pour laisser sourdre en moi la puissance impersonnelle de la vie, non pour moi, mais pour qu’elle s’exprime ainsi à travers mon corps et mon moi devenus impersonnels par sa puissance, voilà toute la religion.

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