Les mots & le monde (28/2/16 — D79)

Je suis entouré de mots issus de différentes strates du passé, qui planent à présent à mes côtés. Il n’est pas simple de se vouer à eux sans être entrainé au-delà de toute vie. La seule œuvre qui vaille est celle qui opère à même la vie : tout le reste est littérature. Ôter aux mots leur transitivité injonctive, les saisir en eux-mêmes et pour eux-mêmes, et être ainsi au cœur de toute vie, au lieu ténu de l’articulation perpétuelle entre les mots et le monde, si bien que creusant les uns, on pénètre l’autre. Il faut pénétrer ainsi la vie même si l’on ne veut pas errer dans le brouillard des circonstances et dans les mornes instances du prêt-à-porter et des choses à faire. Il n’y a de perception que là où les mots entrainent au-delà d’eux-mêmes à partir de leur propre force, que là où le réel se met à vibrer pour lui-même, au-delà du sens commun et des commodités apprises. On ne nait pas au monde, on y advient.

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