Séjour en Drôme (27/7/16 — D228)

Départ de Schaerbeek à 5h30 avec l’Opel Meriva de location. Premier voyage sous la guidance d’un GPS. Arrêt d’une heure pour le déjeuner dans une petite station service du Luxembourg. Une seule alternative : Burger King ou Dunkin’ Donuts. Nous sommes parqués comme des veaux, à la seule nuance que nous sommes choyés et non charcutés, qu’on consomme au lieu d’être consommés. Arrêt d’une heure et demie dans une autre station service, un peu défraichie, à cent kilomètres au nord de Lyon, pour diner. Balade un peu surréaliste dans l’arrière-campagne, le long d’un sentier qui nous révèle d’abord un « Ibis Styles » bordant la station service et semblant à moitié désaffecté, malgré sa piscine nettement entretenue. Je fume une pipe et nous faisons quelques pas dans la campagne mâconnaise (Mâcon-la-Salle). Il semble qu’on soit passé d’un monde à l’autre et qu’il suffise d’un geste pour laisser en arrière la civilisation, ses voitures, ses préfabriqués, ses restoroutes et ses masses démographiques à grande distribution de flux canalisés, en se fondant dans les collines et les vignobles de la Bourgogne profonde.

Après Lyon, nous nous enfonçons dans le Sud et dans la Provence. De petits villages de pierres rutilent au soleil. Un sentiment émouvant venu du fond des âges nous imprègne au point d’occulter l’autoroute et les flux touristiques dominants.

La musique se mêle au paysage pour soulever en moi des vagues d’émotion diverses et terribles. Il semble que tout soit possible à nouveau, disponible. Les émotions les plus diverses se succèdent, entre l’électricité de surface et le remous de profondeurs insoupçonnées. Mille contrées, mille destinées, mille visions s’égrènent au fil d’une voix, d’un chant, du souffle d’un instrument, des cordes vibrantes qui semblent directement attachées à nos âmes.

On arrive à Propiac par un entrelacs vertigineux de petites routes et de villages à l’ocre doux vers 17h30. L’hôtel restaurant Plantevin (deux ou trois étoiles selon les indications variables) est parfait : à flanc de colline, au détour d’un sentier, encaissé avec sa façade sud orientée vers la vallée, empreint du charme des bâtisses provençales — je pense à la Cappadoce de Winter Sleep, mais je n’y suis pas disponible dans ma nervosité. J’aspire à partir pour la villa familiale.

Peu après, on trouve la villa, à Mérindol-les-Oliviers, ce nom issu des âges, par la traverse oblique du paysage. On surprend ma mère, les enfants, mon père et je retrouve l’ambiance festive et bravache de la campagne hennuyère.

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La nuit, les étoiles offrent aux yeux jusqu’à leur poussière étale dans l’obscurité drue de la Drôme provençale.

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