Hollywood’s Bad Guy (3/1/17)

Reservoir Dogs, Quentin Tarantino. Dès le premier long métrage, réalisé vers 29 ans, sont agencés tous les ingrédients de son style qu’on retrouvera jusqu’aux Hateful Eight, voire spécialement dans ceux-ci, puisque Reservoir Dogs suit la même structure action sanglante/huis clos de conversations nerveuses et violentes/final dans un bain de sang.

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Quant aux ingrédients : personnages typés, film de genre décalé (police/truands/milieu mafieux), réparties cultes, atmosphères pesantes, musique rétro appuyée (vieux rock ou Ennio Morricone). En outre, deux de ses acteurs fétiches sont dans les deux films : Tim Roth en agent double ici, en faux bourreau maniéré là ; Michael Maedsen ici en sadique déséquilibré qui s’en porte bien, là en truand plutôt posé et bien dissimulé. Ce dernier est ici au cœur d’une scène de torture d’un jeune policier sur fond de légèreté musicale des sixties ou seventies, que je n’ai pu m’empêcher de trouver gratuite et manipulatrice, malgré son audace cinématographique évidente. Avec ce film, j’aurai vu presque tous les longs de Tarantino (à l’exception du Boulevard de la mort, 2007), et je peux finalement statuer sur toute l’estime que j’ai pour ce réalisateur, dépourvue de toute affinité un peu large ou profonde. Je n’ai guère d’attrait pour ses délires et sa manipulation des fantasmes et des interdits, guère de passion pour son sens du dialogue, de la répartie et des relations, bien que je goute particulièrement son jeu de décalage avec les stéréotypes, les gueules typées et singulières à la fois de ses personnages et tout particulièrement l’atmosphère de Hateful Eight qui m’a plus puissamment imprégné que tous les autres.

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Pourtant, au début du visionnage de Reservoir Dogs, superbe scène dialogale à sept ou huit personnages autour d’une table dans un café, dominée par l’admirable présence d’Harvey Keitel, et la tête chauve burinée de l’exceptionnel second rôle de Lawrence Tierney, avant qu’on ne sache quoi que ce soit d’eux, et probablement, comme ce ne serait pas rare avec Tarentino (cf. Inglorious Basterds), l’une des sinon la meilleure.s scène.s du film, j’ai pensé qu’il était davantage dans son élément au sein des milieux criminels ou mafieux des films policiers américains au style rétro (Reservoir Dogs, Pulp fiction, Jackie Brown) que dans le film historique européen (Inglorious Basterds) ou le western (Django unchained, The Hateful Eight). Néanmoins, son dernier film est celui dont l’atmosphère m’a le plus impressionné.

Ceci étant dit, mon opus préféré reste Kill Bill, qui est curieusement l’exacerbation radicale de tout ce qui caractérise Tarantino et me dégoute ailleurs. Comme si, dans Kill Bill, outrancier dans son sadisme et dans son pathos, mêlant le cinéma à l’animé dans une esthétique quasiment bédéesque, il avait à mes yeux trouvé le ton juste.

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