Jardinage (29/9/17)

Il fait un peu lourd, chaud pour l’époque, le vent se lève ; il pourrait pleuvoir.

Il a suffi de l’évoquer, certes pas l’invoquer, pour que la pluie me chasse de mon campement — mais je suis resté proche, aux aguets, quitte à me cramponner périlleusement sur la corniche en surplomb du perron dans l’espoir d’une hypothétique embellie, avec ma musique, mon cigare, mon café — & bientôt, en effet, elle cesse et me permet de revenir sur mon premier territoire, sur le plateau du jardin.

Je m’inquiète un peu de l’absence de marie, et j’oscille entre le désir de gouter ces heures creuses comme volées au temps sur lequel on sait pouvoir compter, et m’agiter sérieusement en m’efforçant de réduire tout soupçon. La liberté conquise à l’impromptu est une joie profonde qui épure la surface du lac que je serai en accueillant l’aimée sur mes berges. Mais la surface limpide deviendrait monstrueuse de savoir qu’à l’heure étale, elle était dans le trouble ou le danger. Il est devenu difficile à l’heure des informations multiples de laisser simplement s’épandre l’espace de l’incertitude et de la solitude, en goutant ses charmes et ses dons, en acceptant ses dangers, ses pièges, ses amères désillusions. L’ère de l’information est celle de l’assurance, et de l’itinéraire assisté. Entre les routes & les affres, les grottes & les canalisations, la mélancolie me tire vers le risque, & me ramène à l’époque du monde magique, mystérieux, frémissant et terrible.

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