Indisposé (21/3/18)

Ma tête est une piste de course aplanie au rouleau compresseur. Aucune idée n’y peut plus survivre sans courir, elle est d’emblée bousculée par d’autres, et elle se fait huer par la foule mécontente de s’être déplacée et d’avoir payé son entrée pour un si piètre spectacle. Que ne peut-on me laisser seul. Que l’herbe envahisse ce stade immonde, qu’il retourne à la ruine, là où enfin tout pousse et croit librement et sans plan d’ensemble, avec la seule fureur de la vie à l’état sauvage. Le pire n’est pas d’être acculé par la tâche. C’est que même là, on ne vous laisse pas vous concentrer pour vous y consacrer pleinement. Pour le corps social, la disposition normale de l’être, c’est un état toujours disponible et jamais dispos. La sollicitation permanente comme une démangeaison diffuse, multiple et continue, qui n’offre de répit que l’intervalle nécessaire à le nier sans cesse.

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