À nouveau (30/3/18)

Me voilà, fatigué, sur le rebord du monde. Sisyphe au haut de la montagne, découvrant pour un instant le monde dans toute son étendue, étalé sous l’ombre de la montagne, dominant de tout son long, pour un instant seulement, la vaste multitude, celle qu’il ne peut contenir, qui ne peut non plus le contenir, lui sur la frange du monde, maitre de son rocher, avant la nouvelle plongée, avant la chute, avant le recommencement, et l’ascension nouvelle, musculeuse, de l’immense rocher qu’il pousse, du mouvement qu’il initie et maintient de toute la force de ses membres, de toute la force de son être, dans lequel il passe tout entier, du mouvement qui l’emporte, autre ascension, autre chute, autre cycle éternel, au cœur duquel il s’arrête un instant, en contemplant le monde, épuisé et content, bientôt fier de reprendre, d’être repris par le monde, par son horizontalité infinie.

Sisyphe-Martine-Moreau
© Sisyphe, Martine France Moreau
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