Samsara (6/4/18)

L’attitude indienne dans l’ile : indolence sans mollesse ; jusque dans les épaules des hommes légèrement recourbées, presque trapues, ou au contraire légèrement décalées vers l’arrière, les bras un peu écartés du corps mais tendus ; le visage sérieux, le regard concentré ; la moue des femmes, indifférente et décidée, et chez certaines le regard lointain, comme perdu en mer, et cependant bien arrimé au port ; les corps lascifs mais retenus, la démarche lente qui ne traine pas. Une présence déterminée qui n’est ni sereine ni nerveuse. Les hommes, ici, sont comme les palmiers de l’ile ou comme les champs de canne à sucre : exubérants et sobres. Même les Africains ou les Asiatiques, pour ceux dont on peut encore clairement lire l’ethnie dans le faciès et la constitution, semblent avoir adopté cette attitude caractéristique de l’insularité mauricienne et que j’appelle indienne — ne serait-ce que par l’océan qui les borde de toutes parts, et le lagon que forme notamment ici, au sud-est, dans la région de Mahébourg, la grande barrière de corail.

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Marché de Mahébourg (© Framepool, 2004)

Au marché, le visage des marchands accablé de misère et de labeur. Une souffrance sans plainte, une douleur muette qui dit sans détour son insatisfaction brutale mais qui la garde en propre et l’arbore comme le signe d’une caste ou la fatalité du karma.

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