Joug (29/1/18)

Emporté par le flux bibliographique de la recherche sur les journaux, je compulse les dates, relèves les prix, empile les livres, sans qu’il n’y ait plus guère la possibilité ni d’effectuer tout le travail à faire et en retard, ni de lire ou de penser, ni d’écrire, ni de se reposer. Je fais des listes et des relevés depuis des heures entières et la nuit déjà bien avancée menace de se retirer avant même que je n’y sois entré. Je me réjouis cependant au fond de mon âme d’être à nouveau emporté par un tel flux, fût-il stérile et absurde dans sa compulsion, car il est néanmoins mouvant — fût-ce à la façon du sable qui se referme comme un piège et engouffre sans construire. À présent, il faut sortir quoi qu’il en soit et dormir, rejoindre l’appel de l’aimée, mais toute cette tension obstinée n’aura peut-être pas été inutile dans son étrange beauté bovine. C’est clairement le rêve d’une œuvre à faire, brillant comme au fond du lac, qui m’a attelé le jour durant sous le joug épuisant de quelques tours d’écrou sans effet et sans importance au-delà d’un effort buté, têtu, obstiné qui me laisse sans sommeil et sans rivage.

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© La Fleur de Ronce
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