The Revenant (21/1/17)

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Hugh Glass

The Revenant, Alejandro González Iñárritu : film inouï. La brutalité, la cruauté et la dignité des Indiens (des Arikaras et un Pawnee), la bassesse et le courage des trappeurs (dont Jim Bridger et John Fitzgerald), la détermination et la vengeance du plus aguerri (Hugh Glass), la destruction sanglante des hommes, le mépris de ses congénères, la fraternité humaine et le sens du devoir, les terres boisées, lumineuses, hostiles, fluviales de l’actuel Dakota, comme on ne les avait jamais vus. Une sorte de Danse avec les loups inversé dans l’âpreté d’une nature protectrice ou mortelle, dans la violence du commerce et des massacres entre les Blancs et les Indiens, habités par la danse mortelle de Glass et du grizzly, le refuge contre le froid glacial d’une nuit fatale dans la carcasse d’un cheval, les remèdes et la connaissance de la vie sauvage d’un indien Pawnee, les eaux fluviales de l’hiver qui sauvent et qui tuent. C’est le western ultime, unique en son genre, où l’aventure personnelle d’un seul et sa quête de vengeance atteignent une beauté mystique digne de l’aveuglement d’Achab et de la sagesse des Native. Chaque lutte d’amour et de haine, contre le genre humain, dans le périple d’une terre sacrée, laisse un sillon sanglant dans le corps meurtri du trappeur habité par ceux qu’il a aimés et qui lui ont été arrachés. Le corps martyrisé et maintes fois éprouvé, les yeux exaltés et insoumis, Leonardo Di Caprio se fraie un chemin de croix enneigé et ensanglanté entre les troupes et les clans, le fleuve et la montagne. C’est le combat d’un seul dépourvu d’héroïsme mais empreint de mysticisme, humain jusqu’à l’os et animé d’un souffle surnaturel. L’image de la souffrance, de la terre et du périple est pure dans sa nudité et magnifiée dans sa lumière. La violence des affects et des corps, jonchée de cadavres et d’exploits, dans un fatras d’écorces et de neige lucide et sublime. Où True Grit des frères Coen restait au seuil du sacre d’une existence tragique et violente, du mystère de la vengeance et de la justice jusqu’à l’épuisement et la mort, Iñárritu entre de plain-pied dans cette dérive tragique et en exalte le mystère et la force par-delà le bien et le mal.

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