Obscurité (3/10/17)

L’obscurité est le centre du renouvellement auquel j’aspire. Comme si l’absence de bruit et de lumière permettait de faire peau neuve. C’est aussi dans l’obscurité cependant qu’est tapie l’angoisse. La rumeur des morts ou la rumeur de la peur des morts, un carnaval sanglant de victimes désarticulées qui gémissent sur les parois tortueuses de mon cerveau. L’art est un cri, un mur contre ce silence-là qui enterre les victimes, contre leurs plaintes, aussi, qui nous minent, ou un mur des lamentations où elles viennent toutes finir, la source irriguée de la souffrance infinie arrêtant là sa course, un mur où tout se résorbe mais rien ne s’absorbe, un mur contre les autres murs, un mur qui résiste aux flots de peine qui l’assaillent, et qui viennent rouler au pied de son éternité, un mur qui les accueille comme un port, et s’érige, comme un monument dans le sang des victimes de la bêtise et de la haine, érigé là vers le ciel qui demeure silencieux, comme un hommage de la force qui n’oublie pas, de celle qui transcende les roulis de violence et de pouvoir dans lesquels patauge le monde des hommes.

cierges

 

 

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