Jugalbandi (8/10/18)

Le vin brule en ma gorge. La fumée irrite mon palais. Les volutes vocales de Bhimsen Joshi dans son jugalbandi avec Balamuralikrishna entrent par mes oreilles et m’emplissent la tête déjà bien chargée de circonvolutions cérébrales en tous sens. La nuit est percée alentour de mon bureau de quelques flammèches de bougie vacillantes. Et tout ce plein ne s’étend pas aussi loin que tout ce vide qui permet qu’il vibre. Ainsi la vie m’entoure de toutes parts et il faut voir suffisamment loin et sentir avec une acuité suffisamment vive pour prendre la mesure de tout l’espace qu’elle laisse à ce qui en elle veut continuellement croitre et pousser sa lutte indéfinie vers de nouveaux horizons encore jamais perçus. Le vide est la condition même de tout mouvement vaste et c’est pourquoi l’agitation contemporaine lui laisse si peu de place. Il s’agit toujours en tous temps et en tous lieux de se frayer un chemin — un chemin qui ne soit pas déjà tracé, car toutes les pistes sont fausses.

yin-and-yang-1

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