No man’s land (15/12/18)

Temps de liberté inédit. Rien ne ressemble plus à la trêve que la traversée du no man’s land pour qui a à faire, spécifiquement, de l’autre côté. Rien de plus étrange toutefois que cette impression de me retrouver, de sentir le retour de la force, de la détermination, la relance, comme si le vent à nouveau s’était levé pour gonfler les voiles, lors même que je suis en plein blocus de corrections, quelques jours avant les délibés, quelques jours avant les bulletins, quelques jours avant la fin. D’où vient cet état, ces états même de grâce, de suspens ? Rien n’y semblait propice. Se peut-il que la Joie emprunte des voies aussi inattendues, aussi improbables que les coups du sort ? Voilà ce qui reste possible au bout de la vieillesse : la grâce, le suspens. La musique indienne, que je n’ai sans doute jamais autant écoutée depuis que je l’ai découverte grâce à Lokenath Bhattacharya en l’an 2000, y est aussi aussi pour beaucoup. Et le même étonnement : d’où ce retour ? Qui sait d’où vient le vent, qui sait où il va ? Il faut seulement le prendre dans ses voiles. Quitte à attendre en vain, ou à vaincre un moment en vain, comme le vieux Santiago. Il reste une lumière. C’est cet état de grâce, de suspens.

vent

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