Injonction paradoxale (15/2/18)

Liézey (Vosges). Les étendues de neige, leurs formes variées couvrant le relief des collines, des vallées, des rochers et des pins, leur éclat poignant, interrompu ça et là par quelque tâche sombre où persiste admirablement la frondaison des conifères et son vert appuyé, quelques veines claires où coule encore une rivière, courant souvent sous son double figé en armure de gel. Croiser cette puissante féérie et ne la voir que du coin de l’œil parce que manque la condition sine qua non de toute velléité contemplative : la solitude. « Oh, regardez, comme c’est beau, l’eau de la rivière sous le gel ! » est l’une des infinies variantes de l’injonction paradoxale « Regardez comme c’est beau » où la présence normative de l’autre ruine par avance l’appréciation sollicitée qu’elle prétend partager. Soupirer alors dans ces forêts infinies des Vosges après la solitude, la lecture et l’écriture, lors même qu’on est au cœur du monde et qu’on pourrait vibrer avec lui indéfiniment.

lw268-mc-escher-hand-with-reflecting-sphere-1935
© M.C. Escher, Main tenant un miroir sphérique (1935)
Publicités

Une réflexion au sujet de « Injonction paradoxale (15/2/18) »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s